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La mélodie du bonheur

Film · 1965

La mélodie du bonheur

The Sound of Music

153 anecdotes

La mélodie du bonheur : 153 anecdotes que vous ne connaissiez peut-être pas

  1. Joan Gearin est une historienne et archiviste reconnue qui s'est penchée sur la véritable histoire des Von Trapp. Elle a recueilli le témoignage de l'un des enfants Von Trapp, elle aussi prénommée Maria, qui parlait de sa relation avec sa mère, la célèbre Maria Von Trapp. La cadette décrivait l'aînée comme plutôt exaltée : elle racontait que, malgré son affection et sa tendresse, Maria mère n'était pas toujours aussi douce que le personnage de fiction. Elle avait tendance à exploser de colère, à crier, à lancer des objets et à claquer les portes. Sa colère retombait aussitôt et sa bonne humeur revenait, tandis que les autres membres de la famille, en particulier son mari, avaient plus de mal à s'en remettre. Dans un entretien de 2003, la jeune Maria confirmait que sa belle-mère « avait un caractère épouvantable. Et d'un instant à l'autre, on ne savait pas ce qui nous tombait dessus. On n'y était pas habitués. Mais on prenait ça comme un orage qui allait passer, parce que la minute suivante, elle pouvait être très gentille. »

  2. Les Von Trapp n'ont jamais vraiment profité des énormes bénéfices du film. Maria avait vendu les droits cinématographiques à des producteurs allemands et, ce faisant, cédé ses droits sans s'en rendre compte. Les films qui en ont résulté, La famille Trapp (1956) et sa suite, La famille Trapp en Amérique (1958), ont plutôt bien marché. Les droits américains ont été rachetés aux producteurs allemands. La famille n'a eu que très peu de poids sur la pièce comme sur le film. Par courtoisie, les producteurs de la pièce ont écouté certaines suggestions de Maria, mais aucune contribution de fond n'a été retenue. Comment les Von Trapp ont-ils accueilli « La mélodie du bonheur » ? Si Maria était reconnaissante qu'on n'ait pas trop dénaturé l'histoire qu'elle avait racontée dans « La famille chantante des Trapp » et qu'elle y soit représentée assez fidèlement (même si Mary Martin et Julie Andrews « étaient des jeunes filles trop douces, genre Bryn Mawr », confiait-elle au Washington Post en 1978), elle n'a pas aimé le portrait de son mari. Les réactions des enfants variaient sur un même thème : l'agacement d'être montrés comme des gens qui ne chantaient que de la musique légère, la simplification de l'histoire et les modifications apportées à la personnalité de Georg Von Trapp. Comme le disait Johannes Von Trapp dans un entretien au New York Times en 1998 : « ce n'est pas ce que ma famille était. (Nous étions) dans le bon goût, la culture, toutes ces merveilleuses valeurs de la haute société dont on se moque dans des films comme “Titanic”. Nous sommes dans la sensibilité à l'environnement, la sensibilité artistique. “La mélodie du bonheur” simplifie tout. Je crois que la réalité est peut-être à la fois moins glamour, mais plus intéressante que le mythe. »

  3. Le premier numéro musical du film a été la dernière séquence tournée en Europe avant que l'équipe et les acteurs ne rentrent à Los Angeles, en Californie. Elle a été filmée fin juin et début juillet 1964. Malgré l'apparence chaude et ensoleillée, Dame Julie Andrews raconte qu'elle était gelée à force de courir sur cette montagne encore et encore. Le producteur et réalisateur Robert Wise a déclaré qu'il avait dû grimper dans un des arbres voisins pour surveiller le tournage en hélicoptère sans apparaître à l'image.

  4. Dame Julie Andrews a toujours été le premier choix de Robert Wise pour incarner Maria : elle était certes connue à Broadway, mais personne n'avait vraiment vu comment elle travaillait à l'écran. Mary Poppins (1964) n'était pas encore sorti à ce moment-là.

  5. Christopher Plummer reconnaît dans les commentaires du DVD qu'il était ivre pendant le tournage de la séquence du festival de musique.

  6. Parmi les enfants qui ont passé une audition pour jouer l'un des Von Trapp figuraient Kurt Russell, Richard Dreyfuss, Veronica Cartwright et les quatre aînés des Osmond Brothers (Alan Osmond, Jay Osmond, Merrill Osmond et Wayne Osmond). Dreyfuss ne savait pas danser.

  7. La réplique de la Mère supérieure, « Je lève les yeux vers les montagnes, d'où me viendra le secours ! », est le premier verset du psaume 121, car la famille se dirigeait droit vers les montagnes, en espérant que Dieu enverrait de là-haut de l'aide pour protéger les Von Trapp.

  8. Maria n'utilise jamais le prénom du capitaine, « Georg », dans le film. Elle l'appelle Captain, Sir et Darling.

  9. Les passages d'orgue de la musique de fond ont été joués par l'organiste de jazz Buddy Cole, qui a succombé à une crise cardiaque un jour seulement après la fin de ses dernières sessions d'enregistrement.

  10. Christopher Plummer disposait de très peu d'informations sur le véritable capitaine Von Trapp ; il est donc parti dans les montagnes de Salzbourg avec un interprète. Là, ils ont rencontré le neveu de Georg et lui ont demandé comment était vraiment l'homme. Le neveu leur a répondu que c'était l'homme le plus ennuyeux qu'il ait jamais rencontré.

  11. La chanson « Edelweiss » de cette comédie musicale sert de générique à la série câblée « The Man in the High Castle », une uchronie où les nazis ont conquis les États-Unis.

  12. Les critiques reprochaient à Rodgers et Hammerstein de pomper « La mélodie du bonheur » sur « The King and I » : ils auraient pris la véritable histoire des Von Trapp et se seraient contentés d'ajouter, de copier et d'enjoliver des ressorts de « The King and I », leur précédente grande comédie musicale sur une gouvernante et une tribu d'enfants, pour rendre « La mélodie du bonheur » plus dramatique et plus cinématographique. Les véritables Von Trapp se plaignaient, pendant le tournage, que Georg soit présenté comme un monstre insensible au début de l'histoire, alors que l'homme réel n'était pas comme ça. C'est un ressort probablement emprunté à « The King and I », où le dur, effrayant et belliqueux Yul Brynner s'oppose à l'esprit libre de Gertrude Lawrence. Également empruntée à « The King and I », l'intrigue secondaire où Maria affronte la baronne, qui n'a jamais eu lieu dans la réalité et vient sans doute de la façon dont « The King and I » montre Anna se mesurant aux autres épouses du roi et aux membres de la cour, à des fins dramatiques. L'intrigue secondaire de la romance contrariée entre Liesl et Rolfe vient aussi de « The King and I » et de l'amour interdit de Tuptim (tout en subissant l'influence de Roméo et Juliette). Beaucoup de numéros musicaux et de scènes de « La mélodie du bonheur » semblent également copiés de « The King and I ». La scène de présentation des enfants Von Trapp à Maria ressemble à celle du défilé des enfants siamois. « Shall We Dance » ressemble à la valse du bal des anciens combattants chez les Von Trapp. « Climb Every Mountain » ressemble à « A Man Who Needs Your Love ». « The Lonely Goatherd » ressemble à « Uncle Tom's Cabin ». « My Favorite Things » ressemble à « Whistle a Happy Tune », et « Do-Re-Mi » est très proche de « Getting to Know You ». Ce n'est pas un hasard si Yul Brynner a été approché pour jouer le capitaine Von Trapp aux débuts du casting du film. Marni Nixon apparaît d'ailleurs dans les deux films : elle doublait Deborah Kerr dans The King and I (1956) et joue une nonne dans celui-ci. Les critiques avaient adoré The King and I et n'ont été que tièdes envers The Sound of Music ; ironie du sort, c'est pourtant La mélodie du bonheur qui a remporté l'Oscar du meilleur film, et pas The King and I.

  13. La véritable Maria Von Trapp affirmait que le film avait adouci son comportement lors de son séjour à l'abbaye de Nonnberg. Quand on lui demandait en entretien si elle était vraiment aussi insupportable, elle répondait en plaisantant : « J'étais pire. »

  14. On le compare souvent à « The King and I », autre comédie musicale emblématique de Rodgers et Hammerstein des années 1950, inspirée de faits réels, sur une gouvernante au caractère bien trempé face à un seigneur de guerre fougueux dans un pays lointain : comment elle éduque ses enfants et devient une figure maternelle pour eux, comment elle l'amadoue à force de persévérance, et comment ils finissent par tomber amoureux. On le compare aussi souvent à Mary Poppins (1964), autre conte européen sur une nounou qui apporte bonheur et magie aux enfants de l'histoire, deux comédies musicales du milieu des années 1960 portées par Julie Andrews.

  15. Le livre que Brigitta dévore quand elle arrive en retard à l'appel est « John Dale », un roman d'aventure situé en Alaska, de l'explorateur arctique danois Ejnar Mikkelsen.

  16. En 1962, Dame Julie Andrews et Carol Burnett se produisaient dans une émission spéciale, Julie and Carol at Carnegie Hall (1962), alors que « La mélodie du bonheur » était encore à l'affiche à Broadway. Dans un sketch de cette émission, Julie et Carol parodiaient « La mélodie du bonheur », un peu comme Burnett allait plus tard parodier des films dans son propre show de variétés The Carol Burnett Show (1967). À l'époque, Andrews était loin d'imaginer qu'elle jouerait plus tard dans la version cinématographique.

  17. Juste après son entretien avec Maria, la baronne discute avec Max à la réception. Le morceau que joue l'orchestre est une chanson de la version scénique qui n'a pas été retenue pour le film, intitulée « How Can Love Survive ». Elle était chantée par la baronne et Max. Mais le tempo et le rythme en ont été profondément modifiés lorsqu'elle est jouée en musique orchestrale à la réception du film, si bien que la mélodie n'est pas immédiatement reconnaissable. On l'a dépouillée de l'intensité dramatique et de l'urgence qui la caractérisaient sur scène pour en faire une valse sirupeuse.

  18. « Edelweiss », que le capitaine von Trapp chante à ses enfants puis au festival de Salzbourg, a été écrite par Richard Rodgers et Oscar Hammerstein II à New York juste avant la création de la pièce à Broadway. Theodore Bikel l'a créée dans son rôle du capitaine en 1959. Bikel racontait plus tard qu'une femme l'avait abordé après une représentation pour lui dire qu'elle adorait cette chanson, mais qu'elle ne la connaissait qu'« en allemand d'origine ». La chanson n'a jamais existé avant que Rodgers et Hammerstein ne l'écrivent.

  19. Six robustes Autrichiens ont été engagés pour tirer la lourde voiture à l'aide de deux cordes, tandis que les acteurs poussaient derrière, lors de la fuite des von Trapp hors de leur maison à Salzbourg.

  20. Les notes hautes de Charmian Carr ont été doublées par sa sœur Darleen.

  21. Robert Wise travaillait si dur sur le tournage de La canonnière du Yang-Tsé (1966) à Hong Kong, en Chine, qu'il n'a pas pu assister à la 38e cérémonie des Oscars, où ce film était nommé dans dix catégories, dont celle du meilleur film. Ce film a remporté cinq Oscars, dont ceux du meilleur film et du meilleur réalisateur. Dame Julie Andrews a accepté l'Oscar du meilleur réalisateur au nom de Wise, tandis que le producteur associé Saul Chaplin a reçu son Oscar du meilleur film. Quand l'équipe de La canonnière du Yang-Tsé (1966) a appris la victoire de ce film aux Oscars, elle a interrompu brièvement le tournage pour organiser une fête en l'honneur de Wise.

  22. La chanson « Edelweiss » a été écrite pour la comédie musicale et reste peu connue en Autriche. C'est la dernière qu'Oscar Hammerstein II ait écrite avant sa mort, le 23 août 1960.

  23. Le film a écarté trois chansons de la comédie musicale d'origine : « How Can Love Survive » et « No Way to Stop It », que le scénariste Ernest Lehman jugeait inutiles, et « An Ordinary Couple », remplacée par « Something Good ». Ernest Lehman estimait que le public trouverait la baronne sympathique si elle chantait, et ses chansons (« How Can Love Survive » et « No Way to Stop It ») ont donc été coupées, même si elles ne suscitent pas forcément la sympathie. « How Can Love Survive » est un duo entre Elsa et Max, où les deux personnages songent à la fortune de la baronne et du capitaine et à la difficulté de faire vivre une romance au milieu de l'opulence. « No Way to Stop It » est un trio où Elsa et Max tentent de convaincre le capitaine de ne pas s'opposer aux nazis et de continuer à vivre comme si de rien n'était.

  24. Christopher Plummer a admis avoir trouvé Dame Julie Andrews insupportable et agaçante pendant le tournage, la surnommant « Ms. Disney » devant le reste de l'équipe. Il a ensuite reconnu que ses sentiments étaient puérils et qu'Andrews était une grande actrice, d'un professionnalisme exemplaire. Tous deux étaient bons amis.

  25. Robert Wise avait vu Christopher Plummer à Broadway et le voulait pour le rôle, mais Plummer a décliné l'offre à plusieurs reprises. Wise s'est rendu à Londres pour rencontrer Plummer et lui exposer sa vision du film. Plummer a accepté après avoir obtenu l'assurance de pouvoir travailler avec Ernest Lehman pour améliorer le personnage. Plummer a décrit plus tard l'homme qu'il était alors comme plutôt arrogant, « gâté par trop de grands rôles au théâtre ».

  26. Après la fuite des von Trapp d'Autriche, leur maison a été récupérée par Heinrich Himmler, l'un des principaux dirigeants du parti nazi. Adolf Hitler lui-même y a rendu visite à Himmler à plusieurs reprises.

  27. Robert Wise s'est donné beaucoup de mal pour que l'un des morceaux emblématiques du film, « Climb Every Mountain », sonne très différemment de la comédie musicale. Au théâtre, la Mère supérieure vient au centre de la scène et lance le morceau à pleine voix. Dans la production londonienne qu'il avait vue, Wise trouvait ce traitement gênant et a cherché à en faire une version plus résonnante et plus calme. Pour cela, il a filmé Peggy Wood presque entièrement en silhouette pendant son interprétation.

  28. Christopher Plummer a adouci ses critiques du film au fil des décennies, déclarant qu'il en était venu à respecter sa place dans l'histoire et l'affection que lui porte le public. Il maintenait toutefois ne pas beaucoup l'aimer en tant que film et que le rôle du capitaine von Trapp avait été le plus difficile de sa carrière, en raison de son aversion pour le sentimentalisme et du travail avec des enfants. Il était aussi très frustré d'être catalogué dans les années suivantes comme un personnage à la von Trapp, et s'est efforcé de retrouver son statut d'acteur de composition.

  29. Première diffusion aux États-Unis sur les chaînes de télévision ABC, le dimanche 29 février 1976, pour mesurer son audience dans les cinquante États américains, au Canada et dans presque tout le reste du continent nord-américain.

  30. Robert Wise a refusé ce film trois fois avant d'accepter de le réaliser.

  31. En 2007, l'American Film Institute l'a classé 40e plus grand film de tous les temps.

  32. La note haute de Duane Chase (Kurt) dans le numéro « So Long, Farewell » a en réalité été chantée par Darleen Carr (la sœur cadette de Charmian Carr), cette note dépassant la tessiture de Chase.

  33. La voiture du capitaine von Trapp est une Mercedes-Benz W142, fabriquée entre 1936 et 1942.

  34. Les enfants n'ont pas eu besoin de jouer la peur face au personnage de Christopher Plummer : ils en avaient vraiment peur ! Non seulement Plummer n'aimait pas le film, mais il n'aimait pas non plus les enfants. Quand on lui a annoncé qu'il devrait porter le personnage de « Gretl » à travers la montagne dans la scène d'évasion vers la fin du film, il aurait déclaré : « Je ne vais pas porter cette gosse grassouillette ! » Robert Wise a donc pris un enfant plus mince pour lui servir de doublure, et c'est cette doublure que l'on voit portée par Plummer dans le film.

  35. Teri Garr, Liza Minnelli, Patty Duke, Mia Farrow, Kim Darby, Lesley Ann Warren, Tisha Sterling et Sharon Tate ont toutes passé une audition pour le rôle de Liesl. Dans ce groupe, seules Minnelli et Warren seraient généralement considérées comme chanteuses autant que comédiennes. Warren obtiendrait son rôle révélateur dans Cinderella (1965), le musical télévisé original de Rodgers et Hammerstein dont la première version, Cinderella (1957), avait offert à Dame Julie Andrews son rôle révélateur à l'écran. Warren donnerait ensuite la réplique à Andrews dans Victor/Victoria (1982).

  36. Spyros P. Skouras et le conseil d'administration de la Twentieth Century Fox n'allaient pas approuver ce film. En apprenant que Swifty Lazar proposait au studio un bénéfice de 250 000 dollars pour obtenir les droits, ils ont fait volte-face et validé son inscription au planning des projets à venir. Lorsque Darryl F. Zanuck a repris le studio à Skouras, il a réexaminé l'idée d'une adaptation cinématographique de la comédie musicale. Lui et son fils Richard D. Zanuck ont alors engagé Ernest Lehman pour écrire le scénario. Immensément frappés par le script de Lehman, les deux Zanuck y ont aussitôt vu un potentiel bien plus grand que celui qu'ils avaient perçu dans la comédie musicale scénique d'origine. Le projet a ensuite reçu le feu vert pour la production.

  37. Les librettistes Howard Lindsay et Russel Crouse voulaient à l'origine utiliser des chansons que la véritable famille Von Trapp avait chantées. Mais Mary Martin, qui devait jouer dans la pièce, a demandé à Richard Rodgers et Oscar Hammerstein II d'écrire une chanson pour son personnage. Craignant que leur chanson d'origine ne s'accorde mal avec la musique folklorique, Rodgers et Hammerstein ont proposé d'écrire une partition entièrement nouvelle, celle que l'on connaît aujourd'hui.

  38. Le tournage en extérieurs à Salzbourg a duré trois mois.

  39. Le 15 septembre 1965, Angela Cartwright incarnait Penny Robinson dans la série Perdus dans l'espace (1965).

  40. La première scène tournée est celle de la chambre de Maria, où Frau Schmidt apporte le tissu de la robe, avant que Liesl ne se glisse par la fenêtre. L'une des dernières scènes tournées fut le numéro « You are Sixteen », qui apparaît dans le film juste avant la scène de la chambre de Maria. Les deux scènes ont été tournées à environ quatre mois d'intervalle.

  41. Les gens étaient censés afficher la croix gammée à leurs fenêtres (ce que le capitaine Von Trapp refusait de faire), et quiconque s'y refusait était accusé d'être contre Hitler. Il faisait emmener les personnes soupçonnées de communisme ou d'être des ennemis.

  42. C'est la première apparition de Heather Menzies-Urich. Aussi la première apparition de Portia Nelson.

  43. Maria Von Trapp faisait partie des Von Trapp Singers. Elle était la belle-fille de Maria Von Trapp, dont les mémoires ont inspiré La mélodie du bonheur, et la fille du capitaine Georg Von Trapp, le patriarche de la famille. C'est elle qui a contracté la scarlatine, et Maria mère fut alors envoyée par le couvent de Nonnberg, à Salzbourg, pour lui donner des cours pendant cette période, ce qui explique comment Maria mère a rencontré Georg et tous les autres Von Trapp. (Maria mère était envoyée pour donner des cours à Maria fille. Elle n'était pas envoyée comme gouvernante de la famille, contrairement à ce que dit ce film.) Maria fille était aussi le dernier membre survivant des Von Trapp Singers d'origine, et elle est morte le 18 février 2014.

  44. La baronne Elsa Schraeder, que le capitaine Von Trapp compte épouser, est inspirée de la princesse Yvonne du livre de Maria Von Trapp. Comme la baronne dans ce film, la princesse Yvonne avait prévu d'envoyer les enfants Von Trapp en pension après son mariage avec le capitaine.

  45. Lors de sa première sortie en vidéo, ce film est resté au classement pendant plus de 250 semaines, soit près de cinq ans.

  46. Peggy Wood (la mère abbesse) a non seulement eu du mal vocalement avec son « Climb Every Mountain » (qui a dû être doublé), mais elle a eu encore plus de mal à synchroniser ses lèvres sur la piste préenregistrée. L'introduction est longue et, quand le chant arrive, Peggy n'arrivait pas à maîtriser parfaitement la synchronisation labiale. Une fois lancée dans la chanson, elle s'en sortait bien, mais attraper parfaitement le premier mot était difficile et elle n'arrêtait pas de se tromper. Après plusieurs prises, voyant combien cela la tourmentait à chaque essai, le producteur et réalisateur Robert Wise lui a fait tourner le dos à la caméra pour que son visage et sa bouche ne soient pas visibles. Son chant démarrait pendant qu'elle était détournée, ce qui lui permettait de synchroniser ses lèvres hors champ. Puis, quand elle se tournait vers la caméra, elle était parfaitement synchronisée. En fait, l'effet global de son regard par la fenêtre, comme en communion avec un esprit supérieur, fonctionnait encore mieux que la mise en scène d'origine, et renforçait l'émotion mystique de la chanson et de la scène.

  47. Le Ländler que dansent Maria et le capitaine n'était pas exécuté de la manière traditionnelle autrichienne.

  48. Kym Karath (Gretl) ne savait pas nager, aussi l'idée initiale était-elle que Dame Julie Andrews la rattrape lorsque la barque se retourne et qu'ils tombent tous à l'eau. Mais à la deuxième prise, la barque a basculé de telle façon qu'Andrews est tombée d'un côté et Karath de l'autre. C'est Heather Menzies (Louisa) qui a dû la sauver. Andrews a déclaré s'en être sentie coupable pendant des années.

  49. Le chant de Christopher Plummer a été doublé par Bill Lee, du groupe vocal The Mellomen.

  50. Pauline Kael a démoli ce film. Elle l'a notamment qualifié de « mensonge enrobé de sucre que les gens semblent vouloir avaler ». Pire, elle ajoute : « Nous sommes devenus des imbéciles émotionnels et esthétiques quand nous nous surprenons à fredonner ces chansons mièvres et bien-pensantes. » Elle aurait été renvoyée pour avoir écrit cette critique.

  51. Dans la réalité, la deuxième fille de Georg Von Trapp s'appelait Maria. Elle fut le dernier membre survivant de sa famille proche, morte le 18 février 2014 à l'âge de 99 ans.

  52. La vraie Maria ne s'appelait pas Maria Rainer, comme dans ce film, mais Maria Augusta Kutschera. On peut la voir à l'arrière-plan dans les rues de Salzbourg pendant le numéro « I Have Confidence », quand Julie Andrews se dirige vers le château des Von Trapp.

  53. Quand Herr Zeller (Ben Wright) est accueilli à la fête par le capitaine Von Trapp (Christopher Plummer) dans le couloir, il regarde ensuite avec dédain le drapeau autrichien suspendu au balcon. Il s'entretient alors avec un autre invité, qui porte des lunettes et qui est manifestement un sympathisant nazi, Herr Zeller lui faisant remarquer que le capitaine Von Trapp est le seul du district à ne pas arborer le drapeau du Troisième Reich. C'est peut-être une coïncidence, mais l'homme aux lunettes ressemble étonnamment au Dr Arthur Seyss-Inquart, le Judas autrichien, qui a contribué à livrer son pays aux nazis et qui a été pendu sept ans plus tard à Nuremberg.

  54. L'horloge du clocher de l'abbaye sonne sept coups juste après que le chœur des nonnes a terminé l'hymne du matin. Cela signifie qu'il est 6 h 58 au début du chant des nonnes (après la fin de l'ouverture) et 7 h 05 lorsqu'elles terminent « Maria », car il n'y a ni ellipse ni scène coupée entre les deux.

  55. À l'arrière-plan du pique-nique dans l'alpage, lorsque Maria et les enfants entonnent « Do Re Mi », on distingue vaguement un château au sommet d'une colline. Ce château apparaît plus nettement dans le thriller Quand les aigles attaquent (1968) avec Richard Burton et Clint Eastwood.

  56. Friedrich devait être blond, mais Nicholas Hammond était brun, alors Robert Wise a ordonné que le jeune acteur se décolore les cheveux. Le procédé a été éprouvant pour Hammond, dont les cheveux ont fini par tomber par plaques pendant le blanchiment. Il s'est retrouvé avec des zones dégarnies par endroits, ce qui explique qu'il porte un chapeau tyrolien traditionnel pendant la majeure partie du numéro « Do-Re-Mi ».

  57. « Sixteen Going On Seventeen » a été tournée dans le kiosque, l'une des dernières scènes à être tournées. À la première prise, Charmian Carr (Liesl) a glissé en sautant par-dessus un banc et est passée à travers une vitre. Bien qu'elle n'ait pas été gravement blessée, elle s'est fait mal à la cheville et la scène a ensuite été tournée avec sa jambe bandée et du maquillage couvrant les bandages.

  58. C'est le film préféré de Seth MacFarlane. Il le parodie souvent dans sa série Les Griffin (1999).

  59. À l'origine, Kym Karath devait être portée par Christopher Plummer à travers les Alpes à la fin. Mais Kym a pris plus de poids que prévu avec la cuisine autrichienne pendant le tournage, et à la fin du tournage, cela est devenu impossible.

  60. Liesl, Friedrich, Louisa, Kurt, Brigitta, Marta et Gretl n'étaient pas les vrais prénoms des enfants von Trapp. Les vrais prénoms des enfants, du plus âgé au plus jeune, sont Rupert, Agathe, Maria, Werner, Hedwig, Johanna et Martina.

  61. Kym Karath (Gretl) a avalé trop d'eau en tombant du canot et a vomi sur Heather Menzies (Louisa).

  62. Lors du tournage du plan d'ouverture de Maria filmé depuis un hélicoptère, Dame Julie Andrews raconte que, malgré ses efforts pour enfoncer ses talons dans le sol et se cramponner, elle était renversée à chaque prise par le souffle puissant de l'hélicoptère. Après plus d'une douzaine de prises, elle a tenté de faire signe à Robert Wise de faire passer l'hélicoptère plus loin, mais elle n'a reçu qu'un « pouce levé » en réponse. Il a finalement été satisfait du plan.

  63. Après avoir vu The Trapp Family (1956), un film ouest-allemand sur la famille Von Trapp, et The Trapp Family in America (1958), le metteur en scène Vincent J. Donehue a pensé que le projet serait parfait pour son amie Mary Martin ; les producteurs de Broadway Leland Hayward et Richard Halliday (le mari de Martin) ont été d'accord. Les producteurs imaginaient à l'origine une pièce non musicale écrite par Lindsay et Crouse, avec des chansons du répertoire des Trapp Family Singers. Puis ils ont décidé d'ajouter une ou deux chansons originales, peut-être de Rodgers et Hammerstein. Mais il a vite été convenu que le projet devrait comporter toutes de nouvelles chansons et être une comédie musicale plutôt qu'une pièce. Ils ont approché Rodgers et Hammerstein, et le reste appartient à l'histoire. « La mélodie du bonheur » était incontestablement le bébé de Mary Martin. La raison pour laquelle elle n'a pas été choisie pour le film est qu'au moment où Robert Wise a commencé le casting en 1964, elle avait 47 ans, trop âgée pour le rôle. Elle n'était pas non plus un atout au box-office.

  64. Le décor intérieur du hall d'entrée de la villa Von Trapp (avec l'escalier à double volée) a été réutilisé dans le film de Doris Day Do Not Disturb (1965). Le décor a été réaménagé pour servir de salle de bal d'hôtel dans la dernière partie du film de Doris Day.

  65. Le plus grand défi de Christopher Plummer sur ce film était simplement d'y jouer et de résister à la tentation de le parodier. Robert Wise le tenait en laisse, lui disant de jouer sans ironie.

  66. Lors du concours de musique à la fin du film, Fraulein Schweiger, troisième du classement, a salué seize fois.

  67. Dame Julie Andrews devait tourner « La mélodie du bonheur » avec des cheveux au moins mi-longs et sa couleur naturelle, le brun. Cependant, une tentative de lui donner des reflets dorés a laissé Andrews avec une « tignasse orange vif », et une coupe de « contrôle des dégâts » a abouti à la coupe pixie blond vénitien qu'Andrews arbore dans le film. Après « La mélodie du bonheur », les cheveux courts sont devenus la « marque de fabrique » de Julie Andrews.

  68. Robert Wise avait été le premier choix pour réaliser ce film, mais il a refusé, le trouvant trop mièvre. Darryl F. Zanuck et son fils Richard D. Zanuck ont alors approché Stanley Donen, Vincent Donahue, Gene Kelly et George Roy Hill, qui ont tous refusé.

  69. Après que plusieurs réalisateurs eurent refusé ce film, William Wyler a finalement accepté de le prendre en charge. Wyler souffrait alors d'une perte d'audition et était très sceptique à l'idée de faire un film sur la musique, pensant être l'homme de la situation. Il a été légèrement rassuré dans sa décision après avoir vu la production de Broadway.

  70. Robert Wise a défendu le choix d'Eleanor Parker, qu'il considérait comme une véritable star de cinéma, lui-même ayant réalisé Three Secrets (1950), un film que Parker avait tourné alors que sa carrière approchait de son apogée. En réalité, Parker n'avait plus guère de pouvoir de star au milieu des années 1960, comme l'indique la pression exercée en vain par son agent sur la 20th Century Fox pour obtenir un cachet plus « digne d'une star ». Fox a toutefois accordé que dans le générique d'ouverture de « La mélodie du bonheur » : « Miss Parker... soit créditée sur une carte séparée en dernière position de toute la distribution [avec] le nom d'aucun autre acteur... affiché en caractères plus grands ou plus visibles, à l'exception de Dame Julie Andrews et/ou Christopher Plummer. »

  71. En août 1966, « La mélodie du bonheur » a dépassé Autant en emporte le vent (1939) comme champion du box-office de tous les temps. Si « Autant en emporte le vent » avait certes été un succès lors de sa sortie initiale, le total de ses recettes de tous les temps était un cumul sur 26 ans, que « La mélodie du bonheur » a battu en 18 mois, alors même qu'il n'avait atteint qu'un faible pourcentage des écrans sur lesquels il serait projeté dans le monde.

  72. Charmian Carr a chanté « Sixteen Going on Seventeen » pour ce film alors qu'elle avait presque 22 ans. De plus, bien que Liesl et Rolf chantent qu'elle a 16 ans et lui 17, Daniel Truhitte (Rolf) a dix mois de moins que Charmian Carr.

  73. Julie Andrews était le premier choix du scénariste Ernest Lehman. Mais la Twentieth Century Fox était moins enthousiaste et a suggéré Doris Day, Leslie Caron, Grace Kelly et Anne Bancroft pour donner la réplique à Bing Crosby.

  74. Lorsque Maria retourne à l'abbaye, on voit une jeune fille qui souhaite devenir nonne porter une robe verte. Quand Maria rentre chez les Von Trapp, elle porte la même robe que cette jeune fille.

  75. Charmian Carr, qui incarnait Liesl et avait 22 ans à l'époque, écrit dans son autobiographie qu'elle était attirée par Christopher Plummer, 35 ans, qui jouait son père. Plummer a admis que le sentiment était réciproque, mais assure que cela n'a pas dépassé le stade du simple badinage.

  76. Christopher Plummer n'aimait pas la chanson « Edelweiss », qu'il trouvait banale, et a écrit une lettre au scénariste Ernest Lehman pour suggérer qu'une nouvelle chanson soit écrite pour la remplacer, mais il a été éconduit.

  77. Le film exagère beaucoup l'opposition du capitaine von Trapp à l'union avec l'Allemagne. Il a même envisagé d'accepter un poste dans la Kriegsmarine.

  78. Christopher Plummer a accidentellement dit le mot « capitaine » à Julie Andrews pendant la scène de dispute. Malgré l'erreur, le producteur et réalisateur Robert Wise a trouvé cela si amusant et lui a tellement plu qu'il l'a gardée dans le film.

  79. Le petit rôle de sœur Augusta est tenu par la costumière du film, la célèbre Dorothy Jeakins, qui a endossé le personnage lorsqu'une actrice attendue pour ce petit rôle ne s'est pas présentée. Jeakins a exigé de ne pas être créditée comme actrice dans « La mélodie du bonheur », mais elle sera créditée dans Hawaii (1966) à la fois comme costumière et pour avoir incarné Hepzibah, la sœur d'Abner Hale (Max von Sydow) qu'on aperçoit brièvement.

  80. Julie Andrews a interprété « Lonely Goatherd » et la plupart de ses autres tubes de ce film dans « Le Muppet Show » (1976).

  81. Au moment de préparer le tournage de la scène du mariage, il n'y avait personne à l'autel pour les marier lorsqu'elles sont arrivées en haut des marches du sanctuaire. Quelqu'un avait oublié de faire venir l'acteur qui jouait l'évêque. Selon Dame Julie Andrews, le véritable archevêque de Salzbourg (à l'époque Andreas Rohracher) apparaît dans le film.

  82. Pendant le tournage à l'abbaye de Nonnberg, à Salzbourg, les femmes de l'équipe et de la distribution portaient des jupes et non des pantalons, pour ne pas offenser les religieuses qui y vivaient.

  83. Heather Menzies (Louisa) a admis avoir eu un faible pour Nicholas Hammond (Friedrich). Hammond avait un faible pour Charmian Carr (Liesl). Carr avait un faible pour Christopher Plummer (le capitaine von Trapp). Plummer, qui détestait Julie Andrews au début, a fini par avoir un faible pour elle aussi.

  84. Pendant la préproduction, il était clair pour beaucoup que William Wyler n'y mettait pas vraiment de cœur. Il a été approché en cours de préproduction par les producteurs Jud Kinberg et John Kohn, qui avaient acheté les droits cinématographiques du roman de John Fowles « The Collector » avant même sa publication. Ils avaient déjà l'engagement de Terence Stamp et une première version du scénario signée Stanley Mann. Wyler s'est enthousiasmé pour ce scénario, se sentant bien plus d'affinités avec ce matériau qu'avec ce film-ci. Il a donc demandé à Darryl F. Zanuck et Richard D. Zanuck de le libérer de son contrat. Ils ont accepté. Heureusement, Robert Wise avait pris du retard sur la production de The Sand Pebbles (1966) et était désormais libre de réaliser le film.

  85. Ce film partage une similitude avec la précédente comédie musicale de Robert Wise, West Side Story (1961). Chaque film s'ouvre sur un plan panoramique pris d'un hélicoptère, où la musique démarre doucement et monte à mesure que défile l'architecture locale, jusqu'à culminer quand la caméra se rapproche des personnages principaux, qui entonnent le début de la première chanson.

  86. Christopher Plummer a admis avoir beaucoup mangé et bu pendant le tournage pour noyer son malaise de tourner ce film, et avoir trouvé en Autriche de nombreuses occasions de faire les deux. Son costume a fini par devoir être réajusté à son poids supplémentaire.

  87. La production a été surprise de découvrir que Salzbourg affichait la septième plus forte moyenne de précipitations au monde. Il a fallu trouver de nombreux autres lieux, les extérieurs étant souvent impossibles à tourner.

  88. Alors que, dans ce film, la famille von Trapp traverse les Alpes à pied jusqu'en Suisse, en réalité, elle a gagné la gare locale et pris le train suivant pour l'Italie. D'Italie, elle a fui vers Londres puis finalement vers les États-Unis. Salzbourg n'est en fait qu'à quelques kilomètres de la frontière austro-allemande, et bien trop loin des frontières suisse ou italienne pour qu'une famille s'échappe à pied. Si les von Trapp avaient franchi les montagnes à pied, ils auraient abouti en Allemagne, près du refuge de montagne d'Adolf Hitler.

  89. Le décor du salon de la maison de ranch des Benedict, « Reata », conçu par le chef décorateur Boris Leven pour Géant (1956), a été réutilisé comme grand hall d'entrée de la maison des von Trapp. Les deux reprennent le même escalier à double volée, les mêmes proportions, la même échelle et les mêmes coursives en mezzanine. La palette de couleurs, les détails et les décorations différaient toutefois d'un film à l'autre. Chacun a aussi été construit indépendamment dans des studios différents.

  90. Richard Rodgers a composé deux nouvelles chansons pour la version filmée, « I Have Confidence » et « Something Good ».

  91. Des deux têtes d'affiche de « La mélodie du bonheur », c'est Christopher Plummer, et non Dame Julie Andrews, qui a été récompensé d'un Tony pour une prestation principale dans une comédie musicale de Broadway. Outre l'idée générale qu'Andrews est une véritable chanteuse et Plummer non, le fait que ce soit lui et pas elle qui ait un Tony dans la catégorie comédie musicale surprend, car Andrews a été trois fois laissée sur le carreau aux Tony pour ses rôles dans trois succès de Broadway, tandis que Plummer l'a emporté pour sa seule nomination aux Tony dans une comédie musicale, pour « Cyrano », qui avait fermé en 1973 après 49 représentations, perdant près de 10 millions de dollars selon « Variety », qui prédisait que « Cyrano » « resterait probablement dans l'histoire de Broadway comme le flop le plus coûteux ».

  92. Si la famille von Trapp était plutôt satisfaite du film, elle a demandé que le capitaine von Trapp soit moins sévère et moins froid, affirmant qu'il n'avait jamais été comme ça. Robert Wise a tenu à ce que le personnage reste ainsi, expliquant qu'il s'agissait d'une version romancée de la famille et que cela montrait comment le capitaine s'était transformé quand Maria était entrée dans sa vie.

  93. Danny Lockin, l'acteur blond surtout connu pour son rôle secondaire de Barnaby Tucker aux côtés de Michael Crawford en Cornelius Hackl dans Hello, Dolly! (1969), a passé un essai pour le rôle de Rolfe. Cet essai existe toujours, comme ceux de nombreux autres acteurs et actrices notables qui n'ont pas été retenus pour ce film, dont Mia Farrow. On peut les voir dans le captivant Hollywood Screen Tests: Take 2 (2001).

  94. Lors de sa sortie en Corée du Sud, ce film a si bien marché que certains cinémas le projetaient quatre ou cinq fois par jour. Un exploitant de Séoul a cherché un moyen de le projeter encore plus souvent pour attirer davantage de clients. Il a donc coupé tous les numéros musicaux.

  95. Maria n'a pas vraiment appris aux enfants à chanter. Pas toute seule, en tout cas. Ils ont en réalité été formés aux harmonies à quatre voix surtout par le père Franz Wasner, un jeune prêtre arrivé à la villa von Trapp en 1935. La vraie Maria Augusta Kutschera se plaignait que le père Wasner ait été écarté du récit. Mais Richard Rodgers, Oscar Hammerstein II et les scénaristes ont expliqué qu'ils avaient dû fusionner certains éléments de l'histoire pour des raisons de durée. Même si ce n'est pas elle qui a appris aux enfants, c'est son idée de les faire tous chanter ensemble. Elle a été l'inspiration des Family Von Trapp Singers. Les scénaristes, Rodgers et Hammerstein l'ont donc représentée en faisant d'elle la professeure.

  96. Le chant de Peggy Wood (la mère abbesse) a été doublé, l'actrice ayant déclaré qu'elle était trop âgée pour assurer les parties vocales.

  97. Au début du tournage, Heather Menzies (Louisa) mesurait environ 3 pouces de plus que Nicholas Hammond (Friedrich). Il devait porter des talonnettes pour paraître plus grand. À la fin du tournage, Nicholas Hammond avait pris 6 pouces (de 5'3" à 5'9"). Il tournait souvent pieds nus et Charmian Carr devait monter sur une caisse pour paraître plus grande. Tous les enfants von Trapp ont beaucoup grandi pendant le tournage, si bien qu'on a eu recours à des talonnettes et à divers trucages de caméra pour garder des tailles cohérentes.

  98. Pendant l'élaboration de la comédie musicale, la vraie Maria von Trapp était soignée pour la malaria dans un hôpital d'Innsbruck, en Autriche. Le producteur Leland Hayward l'y a rencontrée pour obtenir son autorisation pour la production scénique. Von Trapp a accepté la comédie musicale, déclarant : « Il [Hayward] m'a parlé de l'argent que je gagnerais et de l'aide que cela apporterait aux missions où je travaille en Nouvelle-Guinée. Cela m'a vraiment touchée. » Hayward a par ailleurs obtenu l'accord des sept enfants von Trapp, dispersés à travers le monde.

  99. L'adresse de la famille von Trapp est le « 53 ». Quand Maria arrive pour la première fois à la villa et regarde à travers le portail, la plaque d'adresse se trouve sur le pilier de pierre à gauche.

  100. Quatre autres enfants ont été engagés pour renforcer le chant des sept enfants von Trapp, afin d'obtenir un son meilleur, plus riche et plus poli. Parmi ces quatre « chanteurs supplémentaires » figurait la petite sœur de Charmian Carr (Liesl), Darleen Carr.

  101. Dans la scène où Maria prend Franz le majordome pour le capitaine von Trapp, cela s'est aussi produit dans la réalité, selon la vraie Maria von Trapp.

  102. Bien que l'une des comédies musicales (et des films) les plus réussis jamais créés, cette œuvre n'a jamais été réputée pour son authenticité. L'une des libertés prises dans le récit était de faire du capitaine von Trapp le parent sévère et de Maria cet esprit libre qui rend toute la famille plus ouverte, aimante et humaine. En réalité, selon la plupart des témoignages des membres de la famille encore en vie, c'était Maria qui était la plus stricte des deux parents, pas Georg.

  103. La célèbre séquence de marionnettes sur « The Lonely Goatherd » a été produite et interprétée par les grands marionnettistes de l'époque, Bil Baird et Cora Baird.

  104. Charmian Carr n'avait que treize ans de moins que Christopher Plummer, qui jouait son père. Cette proximité d'âge a attiré l'un vers l'autre l'actrice et l'acteur, même s'ils ont affirmé qu'il ne s'était rien passé au-delà d'un flirt innocent.

  105. Julie Andrews chantait « Supercalifragilisticexpialidocious » aux enfants du casting pour les divertir entre les prises. Comme Mary Poppins (1964) n'était pas encore sorti, ils croyaient qu'elle avait inventé la chanson pour eux.

  106. Robert Wise ne s'entendait pas avec la vraie Maria von Trapp quand elle venait sur le plateau, la trouvant « autoritaire ».

  107. Debbie Turner (Marta) a perdu beaucoup de dents de lait pendant le tournage. Quand elles tombaient, on les remplaçait par des dents postiches.

  108. Le kiosque utilisé pour les scènes de « Sixteen Going on Seventeen » et « Something Good » se visite toujours dans la région de Salzbourg, lors des circuits « Sound of Music ». Le public a toutefois dû être privé de l'intérieur, car des fans du film nettement plus âgés que « sixteen going on seventeen » se blessaient en tentant de danser sur les banquettes. En Autriche, le kiosque n'a servi que pour les extérieurs. La danse de Charmian Carr et Daniel Truhitte a en réalité été tournée sur une réplique de l'intérieur du kiosque, en studio chez Twentieth Century Fox à Los Angeles, en Californie, tout comme les plans de Julie Andrews et Christopher Plummer.

  109. La vraie Maria avait été envoyée dans la famille Von Trapp pour donner des cours à l'un des enfants, qui se remettait d'une scarlatine. Ce n'est pas le couvent qui l'avait envoyée comme gouvernante. L'enfant s'appelait justement Maria. Cela a été modifié pour la production de Broadway, en partie parce que le public aurait été perdu s'il y avait eu deux Maria.

  110. Selon le producteur et réalisateur Robert Wise, l'herbe sur la colline de la chanson d'ouverture aurait dû être bien plus haute. Les cinéastes s'étaient arrangés avec le fermier propriétaire du terrain pour qu'il laisse l'herbe haute, mais à leur arrivée pour le tournage, elle avait été coupée. Wise a commenté que la scène était finalement très réussie.

  111. Une grande partie du film a été tournée à Leopoldskron, un domaine près de Salzbourg qui appartenait autrefois à l'impresario de théâtre Max Reinhardt. Comme les Von Trapp, Reinhardt a fui l'Autriche pour les États-Unis à l'arrivée des nazis.

  112. Ce film montre le capitaine Von Trapp et Maria tomber immédiatement amoureux. Dans la réalité, Maria voulait retourner à l'abbaye de Nonnberg, car devenir religieuse était son souhait de toujours. Elle était très contrariée de ne pas pouvoir y retourner, contrairement au film, où elle semble vouloir partir. La vraie Maria Von Trapp a confié en interview être tombée amoureuse des enfants et avoir vu le mariage avec le capitaine comme le meilleur moyen de faire durablement partie de leur vie. Elle disait qu'au début, elle appréciait simplement son nouveau mari et n'avait appris à l'aimer qu'au fil des années.

  113. Le contrat du studio stipulait que le film ne pouvait pas sortir avant 1963, date à laquelle la comédie musicale devait achever sa première exploitation à Broadway.

  114. La vraie Maria, veuve depuis longtemps à l'époque du tournage, a complimenté Christopher Plummer en lui disant qu'il était bien plus beau que son mari.

  115. Comme le montre le film, le capitaine Georg von Trapp a eu 7 enfants avec sa première épouse, Agathe Whitehead : Rupert, Agathe, Maria, Werner, Hedwig, Johanna et Martina. Dans les adaptations scénique et cinématographique, leurs prénoms ont été changés en Friedrich, Liesl, Louisa, Kurt, Brigitta, Marta et Gretl. Autrement dit, les seules personnes réelles du film sont Maria et Georg. Les enfants ont bien existé, mais ils portaient d'autres prénoms. (L'un d'eux s'appelait Martina, un prénom assez proche de « Marta » dans la comédie musicale.) Max Detwiller était un mélange de plusieurs personnes, surtout le père Wasner, qui aidait à gérer et à former les jeunes chanteurs. La baronne, elle, a très certainement existé.

  116. Maria Von Trapp n'a pas été invitée à la première hollywoodienne du film. Curieusement, la femme qui a rendu tout cela possible — le film, la comédie musicale de Broadway et tout le reste —, Maria Von Trapp, n'était pas invitée à la soirée d'ouverture. Comme l'a rapporté The Telegraph, Maria s'est demandé pourquoi elle n'avait pas reçu d'invitation et en a parlé aux producteurs, qui lui ont simplement répondu qu'il n'y avait plus de places. C'était peut-être parce qu'elle s'était heurtée à Wise et aux producteurs pendant les productions. Selon les rapports, Maria, au caractère bien trempé, avait commencé à donner des ordres à Wise et à faire des suggestions intrusives sur la production et l'histoire, et elle avait fini par être écartée du plateau. Peut-être pour compenser, Julie Andrews a invité la vraie Maria Von Trapp à apparaître dans l'une de ses émissions télévisées peu après la sortie du film, et toutes deux ont yodlé ensemble. Les extraits sont visibles sur YouTube.

  117. Les chansons « I Have Confidence » et « Something Good » ont été écrites spécialement pour ce film par Richard Rodgers, la seconde remplaçant « An Ordinary Couple » de la version scénique. Les deux morceaux sont devenus si populaires et si intégrés à la comédie musicale que la plupart des productions scéniques ultérieures, dont la reprise à Broadway en 1998, ont ressenti le besoin de les ajouter (et de supprimer « An Ordinary Couple » au passage).

  118. Deux ans avant les débuts de la comédie musicale à Broadway, Paramount Pictures a acheté les droits de l'histoire des Von Trapp Singers, avec l'intention de confier le rôle de Maria à Audrey Hepburn. Quand Hepburn a décliné, Paramount a abandonné le projet de film. Si Hepburn avait obtenu le rôle, c'eût été la deuxième fois qu'elle soufflait à Julie Andrews le premier rôle d'une comédie musicale oscarisée, après l'avoir emporté sur elle dans My Fair Lady (1964).

  119. Selon une interview récente des sœurs Cartwright (Veronica et Angela) dans Good Morning Australia (1993), Veronica Cartwright, qui n'était pas dans ce film mais regardait Robert Wise et l'équipe tourner cette scène depuis les coulisses, a raconté que les producteurs ont donné du brandy aux enfants du casting après leur chute dans le lac pendant la scène de canoë, parce qu'il fallait la retourner sans cesse et qu'ils cherchaient à les réchauffer. « Je crois qu'on n'était pas censés le savoir », a ri l'intervieweur. Angela a aussi affirmé qu'il y avait des sangsues dans l'étang.

  120. Une légende urbaine veut que les enfants du film aient tous été doublés lors des scènes musicales. Angela Cartwright a déclaré en interview que c'est absolument faux, qu'ils ont en partie été choisis pour leurs talents de chanteurs et qu'ils ont tous chanté eux-mêmes, même si le chant était renforcé par une chorale d'enfants professionnelle, admet-elle. En revanche, quand les jeunes acteurs et actrices chantaient en solo, ils chantaient seuls, avec leur vraie voix.

  121. Le kiosque change de taille (il devient plus grand) quand on y entre. C'est volontaire. Il y avait un vrai kiosque sur la propriété où ont été tournées les scènes à l'arrière de la maison, mais il était trop petit pour les numéros dansés ; ils ont donc construit à Hollywood un intérieur de kiosque nettement plus grand.

  122. Le prénom « Liesl » ne figure pas parmi ceux des vrais enfants Von Trapp, mais la fille Maria (appelée « Louisa » à l'écran) avait une poupée préférée dans son enfance qui s'appelait « Liesl ».

  123. Bien qu'elle ait aimé ce film et la comédie musicale à Broadway, la vraie Maria Von Trapp écrit dans son autobiographie que Mary Martin et Julie Andrews (respectivement la Maria de Broadway et celle d'Hollywood) « étaient des jeunes filles trop sages, sorties tout droit de Bryn Mawr ». Maria se décrit comme une enfant sauvage à l'époque de l'abbaye de Nonnberg. Quand un journaliste lui a demandé si elle était « une tête en l'air, une folle et une clown », Maria a répondu que non, elle était bien pire.

  124. En 2015, le film a fêté son 50e anniversaire. Lors de la cérémonie des Oscars 2015, la chanteuse pop Lady Gaga a interprété un medley des chansons du film, à savoir « The Sound of Music », « Edelweiss », « My Favorite Things » et « Climb Every Mountain ». Dame Julie Andrews est alors venue sur scène et a pris Lady Gaga dans ses bras. On pense que Lady Gaga ne savait pas qu'Andrews était présente.

  125. Lors de leur premier repérage à Salzbourg, Robert Wise et Marc Breaux arpentaient les rues et les places de la ville à pied, discutant et planifiant le découpage des plans de chaque séquence de danse en travelling avec Maria et les enfants Von Trapp. Tandis que Marc et Dee Dee s'employaient à trouver la motivation des séquences dansées, Wise les suivait sur le trottoir, Marc imaginant chaque chorégraphie au beau milieu des voies de circulation. La circulation dense n'empêchait pas Marc de s'aventurer dans le trafic pour régler chaque numéro de danse. Une fois le tournage principal à Salzbourg terminé, le temps était couvert, la campagne noyée dans la brume et le brouillard, et de fortes pluies quotidiennes empêchaient de mettre en place le plan d'ouverture sur la colline. La troupe est restée à l'hôtel en attendant de tourner la dernière séquence. La direction de la Twentieth Century Fox a donné à l'équipe l'ordre de départ. Le dernier jour, comme le raconte Robert Wise, le ciel s'est ouvert sur une matinée radieuse et ensoleillée. Toute l'équipe s'est précipitée vers la colline, l'hélicoptère chargé de la caméra et de l'équipe, pour mettre en place la séquence d'ouverture en plans aériens, aboutissant enfin à Dame Julie Andrews tournoyant au sommet d'une colline avant d'attaquer la chanson-titre. Pour tomber juste sur le timing, Breaux s'était caché dans les buissons voisins. Il guettait l'arrivée de l'hélicoptère par-dessus les montagnes et, au bon moment, muni d'un mégaphone, il a crié à Andrews : « OK, Julie ! Tourne ! »

  126. Si, dans le film et à Broadway, les enfants ne savent pas chanter, dans la réalité, les enfants Von Trapp avaient déjà des dispositions musicales avant l'arrivée de Maria chez eux.

  127. Christopher Plummer a renoncé au rôle de Harry Palmer dans The Ipcress File (1965) pour celui du capitaine Von Trapp, une décision qu'il a ensuite regrettée.

  128. Christopher Plummer : « Eleanor s'est beaucoup amusée parce qu'elle est tombée amoureuse du chef opérateur et ils ont passé un temps merveilleux ensemble. C'était un type formidable et elle méritait un type formidable. C'était la femme la plus délicieuse, et, mon dieu, quelle beauté, alors je les aimais tous les deux et ils étaient de vrais tourtereaux, toujours main dans la main. Je trouve leur histoire bien plus romantique que La mélodie du bonheur. » (People Magazine, 2015)

  129. Classé 18e dans l'émission « Greatest Family Films » de Channel 4 (Royaume-Uni).

  130. La façade et l'arrière de la propriété des Von Trapp ont été tournés à deux endroits différents de Salzbourg, en Autriche.

  131. Dans la scène du Felsenreitschule où Herr Zeller demande à Max quand le capitaine reviendra, un autre groupe répète le Ländler en arrière-plan. Ce groupe semble être le Toby Reiser Quintet (1 femme, 4 hommes), 2e du festival.

  132. Comme les négociations autour de son film The Sand Pebbles (1966) n'en finissaient pas d'échouer, Robert Wise s'est mis à chercher un autre projet à réaliser en attendant que les choses se règlent. Ce film lui est pour ainsi dire tombé tout cuit dans les mains après le retrait de William Wyler. Wyler voulait un film plus sérieux et davantage centré sur les nazis de l'histoire. La Twentieth Century Fox n'a pas goûté son approche.

  133. Marni Nixon était bien connue dans les milieux hollywoodiens comme chanteuse fantôme des têtes d'affiche de plusieurs adaptations cinématographiques de comédies musicales à succès de Broadway. Elle a prêté sa voix à Deborah Kerr dans The King and I (1956), à Natalie Wood dans West Side Story (1961) et à Audrey Hepburn dans My Fair Lady (1964). Ce film offre une rare apparition à l'écran de Marni Nixon, qui joue sœur Sophia. Dame Julie Andrews avait auparavant joué à Broadway dans My Fair Lady (1964), mais avait été écartée pour le film. Les producteurs redoutaient la réaction d'Andrews face à Nixon, qui doublait la voix d'Audrey Hepburn dans un rôle rendu célèbre par Andrews. À leur première rencontre, Andrews s'est exclamée : « Marni, je suis une fan ! » et les producteurs ont été soulagés.

  134. Pendant la scène de la réception, le capitaine Von Trapp porte une croix de chevalier blanche. Le vrai capitaine avait reçu cet ordre pour être devenu « l'effroi de l'Adriatique », notamment après avoir coulé treize navires comme commandant de sous-marin pendant la Première Guerre mondiale.

  135. Elle incarne la plus âgée des deux femmes en tenue paysanne autrichienne visibles à l'arrière-plan lorsque Maria (Dame Julie Andrews) passe sous une arche en briques pendant « I Have Confidence ».

  136. Quand l'Oscar du meilleur film a été décerné à ce film le 18 avril 1966, c'était la première fois que la cérémonie des Oscars était diffusée en couleur.

  137. Charmian Carr (Liesl) a glissé et s'est blessée à la cheville pendant le tournage de « Sixteen Going On Seventeen ». Dans les premières éditions de ce film, le bandage recouvrant cette cheville est visible. Lors du remastering du film pour le DVD, les images de ce bandage ont été retirées numériquement. Dans le commentaire de l'édition DVD du 40e anniversaire en 2005, Charmian raconte que, pour cette raison, certaines personnes ne la croient pas quand elle dit avoir dansé avec une cheville blessée.

  138. Les acteurs et actrices devaient être arrosés en continu pendant le tournage de la scène qui suit leur chute du bateau, pour rester trempés.

  139. À la mort de l'acteur Christopher Plummer, son confrère Yorick van Wageningen a raconté dans un journal néerlandais qu'il n'oublierait jamais le moment où, sur le tournage de « The New World », une figurante est venue voir Plummer pour lui demander de chanter « Edelweiss » (que Plummer chantait dans « La mélodie du bonheur ») à la crémation de sa mère. Plummer l'a regardée dans les yeux et lui a dit : « Vous pouvez tomber raide morte comme votre mère ».

  140. Dans le cadre de ses recherches pour ce film, William Wyler a rencontré la vraie Maria von Trapp et le maire de Salzbourg. Wyler craignait que les habitants s'alarment de voir leurs bâtiments couverts de drapeaux nazis et des stormtroopers dans les rues, seulement vingt-cinq ans après les faits réels. Le maire lui a assuré que les habitants avaient déjà survécu à l'Anschluss une première fois et y survivraient de nouveau. D'autres responsables municipaux étaient bien plus réticents à l'idée de décorer Salzbourg aux couleurs nazies. Ils ont vite changé d'avis quand les cinéastes ont annoncé qu'ils utiliseraient des images d'actualités à la place. Ces images étaient en réalité très compromettantes, car elles montraient les Salzbourgeois accueillant ouvertement les nazis, ce que les scènes prévues pour ce film ne montraient pas.

  141. Les non-Autrichiens qui voient le film croient qu'Edelweiss est une chanson très populaire en Autriche. En réalité, la chanson était totalement inconnue du public du festival folklorique de Salzbourg, et il a fallu plusieurs heures pour que ce public l'apprenne et puisse la chanter avec le capitaine Von Trapp (Christopher Plummer).

  142. Si Maria von Trapp n'avait pas existé, Richard Rodgers et Oscar Hammerstein II l'auraient peut-être inventée, tant elle correspondait à leur modèle de l'innocente pleine de ressources en terre étrangère (South Pacific) avec une ribambelle d'enfants à instruire (The King and I). Née en 1905 et vite orpheline, la vraie Maria est entrée au couvent comme postulante et a été chargée de donner des cours à la famille du capitaine von Trapp, un veuf de plus du double de son âge. (Une ingénue à peine plus âgée que l'aînée de ses élèves — elle avait vingt et un ans allant sur dix-sept — Maria a dû grandir vite. Un an plus tard, elle épousait le capitaine, âgé de quarante-sept ans.) En déplaçant la chronologie en 1938, année de l'annexion de l'Autriche par l'Allemagne, les créateurs de la comédie musicale et du film ont trouvé en Maria une véritable héroïne musicale. La musique définissait son âme. Son pouvoir thérapeutique lui donne joie et sens. Il donne aussi vie, presque littéralement, à la famille qu'elle rejoint et répare.

  143. La scène où Maria utilise les rideaux pour confectionner des vêtements de jeu aux enfants est pompée sur Autant en emporte le vent, où Scarlett se sert des tentures de Tara pour se faire une robe.

  144. Dame Julie Andrews a failli refuser le rôle de Maria von Trapp, craignant que le personnage ne ressemble trop à celui qu'elle jouait dans Mary Poppins (1964).

  145. Même si la plupart des paroles et de la musique de cette comédie musicale sont excellentes, la plupart des critiques s'accordent à dire que « LA, a note to follow SO » est plutôt faible. C'est très générique. La chanson entière aurait pu être comme ça : « DO the first note in the scale, RE a note to follow DO, MI a note to follow RE », etc. L'auteur Douglas Adams notait dans son article « Unfinished Business of the Century » que, si chaque ligne de la chanson reprend le nom d'une note de la gamme et en donne le sens, « La, a note to follow So... » ne suit pas ce schéma et devrait être considéré comme un bouche-trou. Adams imaginait avec humour qu'Oscar Hammerstein II avait simplement écrit « a note to follow So » en pensant y revenir plus tard, sans trouver mieux.

  146. Pendant le tournage de la célèbre chanson « Do-Re-Mi », la scène où Maria et les enfants von Trapp chantent et dansent dans Salzbourg a en réalité été tournée par un jour froid et pluvieux. Pour maintenir le moral des enfants et capter leurs rires et sourires authentiques, le réalisateur Robert Wise avait demandé à un groupe d'hommes, hors champ, de leur lancer des boules de neige entre les prises. Ces batailles de boules de neige improvisées ont contribué à créer l'atmosphère joyeuse et animée que l'on voit dans la scène finale.

  147. Quand Maria traverse la cour en courant vers la maison von Trapp dans « I Have Confidence », elle trébuche. C'était un accident. Mais le producteur et réalisateur Robert Wise a tellement aimé qu'il l'a gardé au montage. Il trouvait que cela renforçait la nervosité de la chanson et du personnage.

  148. Christopher Plummer a appris à jouer de la guitare pour son rôle, mais la guitare (comme ses parties chantées) a été redoublée.

  149. Christopher Plummer détestait travailler sur ce film. Il l'appelait « The Sound of Mucus » ou « S&M » et comparait le fait de tourner avec Dame Julie Andrews à « recevoir chaque jour une grande carte de la Saint-Valentin sur la tête ». Il n'en est pas moins resté très ami avec Andrews jusqu'à sa mort. Andrews affirmait que le cynisme de Plummer avait probablement servi sa performance et le film, en l'empêchant de sombrer dans la mièvrerie.

Anecdotes avec spoilers

  1. Afficher le spoiler

    Dans la pièce d'origine, Rolfe découvre les Von Trapp cachés dans le cimetière de l'abbaye, mais déclare à son supérieur qu'il n'y a personne, permettant à la famille de s'échapper et tenant ainsi la promesse faite à Liesl (dans la chanson « Sixteen Going on Seventeen ») de veiller sur elle. Le scénariste Ernest Lehman a transformé la découverte des Von Trapp par Rolfe en l'épisode peut-être le plus sombre du film : Daniel Truhitte, dans le rôle de Rolfe, trahit les Von Trapp malgré les exhortations de Christopher Plummer en capitaine (« tu ne seras jamais des leurs [les nazis] »). Bien que ce soit sa dernière apparition dans le film, la scène du cimetière — l'unique scène intensément dramatique de Daniel Truhitte — fut la première scène de La mélodie du bonheur qu'il tourna.

  2. Afficher le spoiler

    Pour permettre aux Von Trapp de s'échapper malgré la trahison de Rolfe, le scénariste Ernest Lehman a encore modifié la comédie musicale d'origine en faisant saboter le véhicule des nazis : dans ce qui est peut-être le sommet comique du film, les sœurs Margaretta et Berthe (Anna Lee et Portia Nelson) avouent à la mère abbesse Peggy Wood qu'elles ont péché, révélant l'allumeur et la bobine dissimulés dans leurs robes.

  3. Afficher le spoiler

    Dans le plan final, lorsque la famille franchit les collines vers la sécurité, ce n'est pas vraiment Kym Karath dans le rôle de Gretl sur les épaules du capitaine Von Trapp. La version DVD révèle que, pendant le tournage en Autriche, Kym Karath avait beaucoup grossi. C'était l'un des derniers plans tournés, et elle était donc visiblement un peu trop lourde pour être portée sur le dos de Christopher Plummer. Plummer demanda une doublure cascade, et c'est elle que l'on voit portée sur son dos.

  4. Afficher le spoiler

    Le lendemain du départ de la famille Von Trapp d'Autriche (en train vers l'Italie, et non en traversant les montagnes jusqu'en Suisse comme le montre ce film), Adolf Hitler ordonna la fermeture des frontières de l'Autriche.

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